Moustapha Baidi Oumarou (Cameroun)

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Moustapha Baidi Oumarou est un artiste plasticien né en 1997 à Maroua au Cameroun. Il développe très jeune un goût pour le dessin et apprend de manière autodidacte la peinture, qui deviendra son médium de prédilection. Seulement âgé de 17 ans, il obtient le 3ème prix d’arts plastiques du festival Yawalta Maroua et intègre par la suite le club d’arts plastiques de l’université de Maroua.

Sous la direction de Richard Cousinard, Oumarou fut invité en résidence de création dans nos locaux à La Somone (Sénégal), pour produire quatre grandes oeuvres sur toiles toutes entrées dans la collection.

Attaché à l’univers botanique de l’Afrique centrale qu’il introduit à travers l’inclusion récurrente des motifs naturels des plantes observées, Oumarou s’imprègne également rapidement de la chromatique des couleurs des zones désertiques du nord du Cameroun qu’il reproduit en aplats de couleurs éclatantes sur le fond de ses toiles.  Face au bourgeonnement de la nature à la fois sombre, nocturne et mystérieuse, le tumulte de la ville dans lequel il a grandi transparait lui aussi, à travers des figures humaines, des individus, qui restent un sujet primordial dans son travail.

Cet humanisme, se retrouve dans les tableaux de ce peintre engagé, comme une approche tendant à exprimer avec simplicité et spontanéité les figures des oubliés, des femmes abandonnées, des enfants des rues, des fripeurs, des hommes au coeur meurtris, un ensemble de figures sans visage quasi alégorique de la condition humaine. Dans les oeuvres d’Oumarou, l’expression de la signification inhérente des sujets dans ses peintures est représentative de ses œuvres où rêve et réalité se côtoient dans un éden enténébré.

Les oeuvres d’Oumarou sont les dignes héritières d’une esthétique particulière qui apparait dans l’histoire de l’art de l’Afrique de l’ouest des années 1920-60, par l’absence de fond qui demeure et l’attention porté à l’adéquation du corps humain avec la nature. La relation intrinsèque entre sujet et motif est matérialisée à travers un espace décoratif qui tente de gagner le terrain du premier plan, désirant être visible, à l’image des figures de ses hommes et femmes oubliés qui deviennent grâce au travail de l’artiste l’objet du regard.