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Marian Nur Goni Africultures |
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Avec Adama Bamba nous plongeons
dans "L'infini - l'inachevé - l'imparfait",
un titre évocateur et poétique pour une série
d'images en noir et blanc de bâtiments en béton
brut en voie de construction, de piliers photographiés
de face, de côté, de bouts de fer qui, attendant
d'être recouverts de ciment, se perdent dans un ciel infini. Avec Ghislain Gulda El Magambo
nous quittons les espaces ouverts pour entrer dans un appartement
de la ville Lumumbashi, en République Démocratique
du Congo. Il y fait sombre. Nous sommes chez un devin qui officie.
Des gants rouges attirent notre regard, tout comme la présence
d'un enfant et de ses yeux graves nous troublent. Nous voilà
en face d'une situation qui à tout pour paraître
paradoxale et romanesque à la fois : un boxeur, symbole
de force et de puissance, vient chercher un soutien surnaturel
pour affronter son prochain combat... Si avec les photographies d'Adama
Bamba nous effleurions du regard l'épure des formes et
avec celles de Gulda El Magambo nous touchions l'impalpable du
surnaturel, celles du photographe Sammy Baloji nous ramènent
brutalement sur terre. Avec le photographe, nous remontons le
temps. Plongée historique vertigineuse et douloureuse
: pourtant, un calme irréel, un silence mortifère
baigne ces images. Nues, crues et insoutenables. C'est aujourd'hui,
c'était hier. "Black diamonds"
: sur un même registre engagé et loin des vitrines
des boutiques de luxe où brillent de mille lumières
les pierres précieuses convoitées par la jet-set,
le photographe zimbabwéen Tsvangirayi Mukwazhi nous conduit
au tout début de la filière. Dans la poussière.
Celle-ci brille aussi dans la lumière mais des hommes
et des femmes s'y affairent, pelle à la main, les habits
et les membres recouverts de terre fine. Ici aussi les diamants
sont convoités mais ils deviennent lourds de fatigue,
d'efforts et de sueur. Par les points de vue en contre-plongée,
nous sommes dans le gouffre nous aussi.
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