L'étrange mutation des masques

Anne-Marie Bouttiaux, responsable de la section d'ethnographie du Musée de Tervuren (Belgique)

« On ne ressemble pas à ceux qu'on admire en imitant leurs oeuvres.»

André Malraux - Le musée imaginaire

 

         Le titre générique de l'exposition « Masques d'hier et d'aujourd'hui » peut donner à penser que les masques d'hier sont ceux qui étaient portés dans le contexte local, en Afrique, et qui font partie actuellement de collections privées ou publiques[1], alors que ceux d'aujourd'hui sont les créations des artistes plasticiens contemporains qui ont accepté de se prêter au jeu de la confrontation à la demande de la Fondation Jean-Paul Blachère.

Pour beaucoup, quand il s'agit d'Afrique, l'évocation du masque est presque emblématique et relève de notions souvent galvaudées. Le passage au musée, notamment a perverti le sens que ce type d'objet pouvait avoir dans le contexte pour lequel il a été originellement créé. Très étrangement, la réification que les masques ont subie en passant du corps humain qui leur donnait vie à la vitrine du Musée qui les en prive, les a figés dans un passé indéfini : le visiteur conçoit mal que certains d'entre eux puissent encore être en activité sur le continent africain.

Pourtant beaucoup de sociétés continuent à utiliser régulièrement les masques à l'occasion de fêtes, de manifestations ou de cérémonies importantes. D'autres, il est vrai, ont complètement abandonné leur usage et n'en ont, parfois, plus même le souvenir. Autant de cas de figures que de populations, le masque ne se laisse pas réduire dans une généralisation abusive.

 

Là où ils sortent encore, les masques ne sont pas que des objets qui servent à préserver l'anonymat d'un quelconque porteur, ils sont souvent investis d'un pouvoir particulier. Impliqués dans des activités aussi différentes que les règlements de justice, le contrôle des initiations, la canalisation de forces spirituelles invisibles, la protection des villages et des récoltes, la concentration du pouvoir politique, la lutte contre la sorcellerie et le divertissement des foules, ils sont avant tout des êtres vivants.

Quand ils assument des rôles religieux, ils incarnent des esprits de la nature ou d'ancêtres souvent dangereux, parfois capricieux et toujours incontrôlables. Les hommes gèrent tant bien que mal leur nature fantasque et essaient de canaliser le pouvoir bénéfique de leur présence et de leur activité pour le bien-être de la société. Les masques ou plus précisément les esprits auxquels ils prêtent un visage s'avèrent très exigeants. Ils ne délivrent pas un potentiel (protecteur, purificateur ou fécondant selon les cas et les besoins) sans réclamer de lourds tributs de la part des hommes. Généralement, ces derniers prétendent avoir pactisé autrefois avec les puissances que les masques représentent. Depuis, leurs rapports sont codifiés, régis par des règles strictes, des rituels à respecter et des sacrifices, souvent sanglants, à délivrer.

Côtoyer, porter, danser ou solliciter les masques et leur esprit tutélaire impliquent aussi de multiples interdits dont la rupture peut entraîner des malheurs en série, des maladies, voire la mort du coupable ou de membres de sa famille. Leur intransigeance est souvent cruelle. Les hommes leur sont inféodés et vivent dans la crainte de commettre des impairs. Seuls les grands initiés, les ritualistes de statut élevé et certains dirigeants politiques parviennent, semble-t-il, à gérer les tensions qui découlent des relations entre les esprits et les hommes, non sans laisser imaginer qu'ils sont eux-mêmes des démiurges.

 

Le masque correspond à un ensemble de notions dont on ne peut le dissocier. Il est considéré comme un être vivant à part entière. Il danse, transmet des messages, véhicule des principes et participe d'un phénomène global. Depuis le costume qu'il porte jusqu'au public, spectateur de ses prestations, il est complètement cerné par un réseau d'objets, de personnes, d'actes et d'obligations qui le définissent.

Les manifestations au cours desquelles les masques exécutent des performances concernent un grand nombre d'individus sans lesquels le personnage masqué n'existerait pas. Il y a tout d'abord le porteur, le plus souvent un danseur qualifié. Il doit donner une dimension vivante, dynamique et surnaturelle à l'être qu'il incarne, qui provient du monde des esprits et n'appartient donc pas à l'humanité[2]. La composition plastique du masque proprement dit, en tant que sculpture[3], contribue, déjà dans de nombreux cas, à donner l'appréhension d'un visage étrange parfois inquiétant mais il est nécessaire également que le costume soit particulier et surtout que le comportement du porteur soit inhabituel. Ses prestations doivent donc se révéler exceptionnelles par le mouvement, le bruit, éventuellement même par l'odeur et les sensations qu'il transmet[4]. Le frôlement des fibres d'un masque qui se précipite sur l'espace réservé à la danse et les masses d'air qu'il déplace en bougeant appartiennent à ces perceptions ténues mais néanmoins prégnantes.

Ensuite, pour que la prestation du danseur se réalise, un grand nombre d'intervenants s'avère indispensable : ritualistes, assistants, musiciens, chanteurs, féticheurs et, bien entendu, le sculpteur : celui qui en amont a façonné le visage non sans prendre lui-même une série de précautions rituelles.

 

Les sociétés qui recourent aux masques en possèdent souvent plusieurs types dont les attributions diffèrent en fonction notamment de la typologie mais aussi des circonstances et des personnes impliquées. Nombre d'entre eux sont par ailleurs polyvalents.

 

Justice et contrôle social

Les masques assument régulièrement un rôle de police locale. Ils surveillent, donnent l'alerte, jugent ou punissent (ill. 1, 18). L'implication d'un personnage masqué dans cette fonction coercitive offre l'avantage de maintenir le « justicier » dans un anonymat confortable ; il est plus aisé de fustiger sans être reconnu. Par ailleurs, on devine aisément que cette activité peut conduire à d'inévitables abus ; le porteur sera donc choisi avec beaucoup de soin et lui-même maintenu, dans l'exercice de ses fonctions, sous la surveillance et la vigilance de notables, dirigeants politiques et autres ritualistes importants.

 

Initiation

Les camps de réclusion initiatiques sont des endroits privilégiés pour l'apparition de masques (ill. 2, 3, 4,). Ils interviennent comme présences d'abord inquiétantes puis relativement rassurantes puisque les secrets liés à leur existence font partie des enseignements délivrés aux jeunes initiés.

Les sociétés secrètes, le plus souvent masculines, font aussi appel aux masques au cours de leurs rituels spécifiques (ill. 17). Certaines d'entre elles comprennent de nombreux grades dont l'accès est régi par des cycles initiatiques. Le but poursuivi est la maîtrise d'une connaissance ésotérique qui permet, notamment, la manipulation et le contrôle des non initiés

 

Funérailles

L'intervention des masques à l'occasion de cérémonies funéraires revêt souvent un rôle purificateur. En effet, la mort introduit une forme de déséquilibre dans la société. Elle est parfois perçue comme une souillure qu'il convient de laver. Dans cette optique, le masque se conçoit comme un utile psychopompe. Il vient chercher l'âme du défunt pour la conduire au « royaume » des esprits à partir duquel elle pourra se transformer en puissance active et bénéfique pour ses descendants. Il est rare que ce soit l'unique fonction d'un masque : souvent investi de pouvoirs particuliers dans le contexte social ou religieux, son implication au moment des décès correspond à une activité complémentaire (ill. 1, 13, 17, 20).

 

Sorcellerie

Plusieurs catégories de masques luttent activement contre la sorcellerie qui est le principal agent de tous les malheurs, maladies et fléaux possibles (ill. 15). L'esprit associé au masque possède la faculté de détecter les sorciers et de les chasser. Cette fonction est souvent doublée d'une action punitive d'érradication du mal. Après l'intervention masquée, les coupables tombent malades et peuvent mourir s'ils n'offrent pas les compensations réparatrices de leur faute, le plus souvent sous forme de sacrifices importants. Dans certains cas, le porteur lui-même est choisi pour sa « double-vue » et ses capacités à déceler les agents du mal. L'esprit du masque n'est alors plus utile que pour la punition à infliger.

 

Pouvoir politique

Les grandes figures politiques, (rois, chefs et autres dignitaires) ont besoin de garantir leur pouvoir et de le consolider. L'aide de forces surnaturelles est bienvenue dans ce cadre et les apparitions masquées correspondent à l'intervention impressionnante et suggestive que les dirigeants affectionnent particulièrement (ill. 7). Leurs performances connotent la force, l'autorité dangereuse parce que basée sur l'action des esprits et la justice immanente. Rien de tel pour maintenir la population à distance, dans la crainte et le respect, indéfectiblement corvéable et reconnaissante.

 

Associations diverses

Outre les sociétés secrètes, il existe d'autres types d'associations basées, pour certaines d'entre elles, sur des critères plus démocratiques, accessibles à tous, hommes et femmes, et proposant diférentes étapes d'acquisition d'une connaissance dont la garantie est l'expérience d'une longue vie. Plus on est vieux, plus on est dépositaire d'un savoir, de la transmission duquel l'équilibre de la société dépend. Les masques peuvent intervenir dans ce contexte et faire partie des biens transmis à la mort d'un dignitaire (ill. 9, 10).

Par ailleurs, certaines professions ou activités sont parfois regroupées en associations. Dans les cas les plus rigoureux, elles correspondent à des castes, comme celles des forgerons ou des griots très présentes en Afrique occidentale. Elles fonctionnent alors avec des règles strictes qui définissent le plus souvent un comportement à adopter, un quartier à habiter, l'endogamie à respecter, des riuels masqués à gérer et d'autres conventions spécifiques à chacune d'elles. D'autres exemples de regroupements de personnes basés sur les activités pratiquées peuvent aussi répondre à des besoins ponctuels ou à des critères d'association plus souples. Les artistes qui se réunissent pour organiser des fêtes et des divertissements masqués se situent plutôt dans cette configuration (ill. 5, 14, 16).

 

Education

Les masques sont souvent engagés dans un processus éducatif. Ils transmettent un savoir, enseignent des lignes de conduite, conseillent et influencent. Ils représentent des modèles admirables à suivre ou à approcher. Ils concentrent l'éthique d'une société, soulignent les choses importantes à faire ou à éviter. Dans leurs prestations, ils véhiculent de nombreux messages compris d'emblée par tous ou, au contraire, réservés à un public cible. Les masques bouffons, notamment, ont une fonction cathartique. Ils reproduisent souvent, en public, des comportements relevant essentiellement de la vie privée. En provoquant le rire, ils banalisent des pratiques jugées impudiques ou honteuses et stigmatisent des attitudes spécifiques en les imitant [5](ill. 11, 17).

 

Dans la sélection qui proposée, tous les exemples choisis appartiennent au monde des hommes. Cette caractéristique n'est guère surprenante à l'échelle du continent africain. En effet, les masques sont presque toujours l'apanage de la gent masculine y compris ceux, d'ailleurs nombreux, qui ont des manières et des traits féminins[6] (ill.7, 8, 16). Il existe cependant quelques exemples de masques réalisés, portés et exploités par des femmes mais ils sont confectionnés dans des matières peu résistantes comme des fibres textiles ou végétales et ne sont jamais sculptés dans le bois[7].

Le masque, pour les sociétés qui l'utilisent encore, permet l'apparition, au village de l'invisible et du surnaturel qui s'incorporent dans la personne physique du danseur. Son pouvoir dynamique est tel que sa mutation en pièce inerte vouée à contemplation, au Musée, laisse perplexe. Cette transformation ne lui concède plus que sa dimension esthétique, qui n'était certes pas absente au moment de sa création mais que sa fonction devait largement surpasser. Sublimés par le rituel et la danse puis par le regard occidental qui supporte de les contempler dévitalisés et détachés de tout contexte[8], les masques ont subi une modification profonde que leurs concepteurs n'avaient pas prévue.

 

1.   Masque ndunga (Mamboma). Kongo, sous-groupe woyo, République démocratique du Congo. Inscrit en 1932, n° inv. EO 0.0.34579, H. 45 cm., l. 32 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Les masques ndunga s'occupent du contrôle social et constituent une police secrète. Ils sortent lors d'importantes célébrations et à l'occasion des funérailles de dignitaires[9].

 

2.   Masque ndeemba. Yaka, République démocratique du Congo. Inscrit en 1912, n° inv. EO 0.0.12343, H. 43 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Ndeemba intervient dans le camp de réclusion où les jeunes initiés yaka sont circoncis. Il participe à des danses évoquant la fécondité. L'initiation correspond à une étape pré-requise pour accéder au mariage[10].

 

3.   Masque kipoko. Pende, République démocratique du Congo. Inscrit en 1953, n° inv. EO 1953.74.5485, H. 28 cm., l. 29 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Les jeunes garçons pende apprennent la danse du kipoko au camp de circoncision. Le masque symbolise le chef dans sa fonction bénéfique pour le village[11].

 

4.   Masque mbangu. Pende, République démocratique du Congo. Inscrit en 1959, n° inv. EO 0.0.43126, H. 33 cm., l. 20 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Mbangu incarne la victime d'un acte de sorcellerie. Dans sa prestation, le masque, affublé d'une bosse, se déplace avec peine. Il tente vainement de poursuivre le responsable de ses maux[12].

 

5.   Masque mfondo. Lwalwa, République démocratique du Congo. Inscrit en 1946, n° inv. EO 0.0.43106, H. 36 cm., l. 22 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Ces masques étaient essentiellement réservés au divertissement célébrant la fin du travail agricole pendant la saison sèche[13].

 

6.   Masque kete, sous-groupe kata-kangandu, République démocratique du Congo. Inscrit en 1930, n° inv. EO 0.0.32538, H. 33 cm., l. 18 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Ce masque dépendait autrefois d'une association à propos de laquelle nous avons conservé très peu d'éléments d'information. Il est probable cependant qu'il était impliqué dans le processus des funérailles[14].

 

7.   Masque ngaady a mwaash. Kuba, République démocratique du Congo. N° inv. EO 0.0.24969, H. 36 cm., l. 30 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale.

Les masques kuba incarnent des esprits de la nature. Celui-ci fait partie de trois masques importants détenus par la famille royale. Pendant leurs prestations, ils évoquent le mythe d'origine[15].

 

8.   Masque biombo, République démocratique du Congo. Inscrit en 1931, n° inv. EO 0.0.43133, H. 36 cm., l. 19 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Ce masque est considéré comme une incarnation féminine. On ne possède pratiquement aucun renseignement le concernant mais il devait intervenir au cours des funérailles.

 

9.   Masque lega, République démocratique du Congo. Inscrit en 1939, n° inv. EO 0.0.38753, H. 37 cm., l. 17 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale.

Les masques lega appartiennent l'association du Bwami ouverte aux hommes et aux femmes. Ils font partie des biens transmis au moment des passages d'une étape à l'autre de la hiérarchie et constituent des emblèmes en relation avec les grades[16].

 

10.        Masque lega, République démocratique du Congo. Inscrit en 1939, n° inv. EO 0.0.38741, H. 10 cm., l. 6 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Les masques lega sont rarement portés sur le visage. Ils peuvent être arborés comme une visière mais aussi traînés sur le sol ou accrochés à une barrière[17].

 

11.        Masque. boa, République démocratique du Congo. Inscrit en 1951, n° inv. EO 1951.31.92, H. 22 cm., l. 18 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Dick Beaulieux.

Après avoir servi dans des contextes belliqueux, pour effrayer l'ennemi, le pouvoir des masques boa a été canalisé pour l'éducation des enfants turbulents[18].

 

12.        Masque-heaume mambila, Cameroun, Nigeria. Inscrit en 1969, n° inv. EO 1969.36.16, H. 29 cm. L. 53 cm. l. 22 cm © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Associés morphologiquement au chien, les masques de ce type avaient la réputation de concentrer des forces particulières activées au cours de sacrifices[19].

 

13.        Masque zamble. Guro, Côte d'Ivoire. Inscrit en 1997, n° inv. EO 1997.37.47, H. 45 cm., l. 13 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Alain Speltdoorn.

Particulièrement célèbre en pays guro, le masque zamble est toujours porté par un danseur exceptionnel qui se produit, entre autres, au moment des funérailles[20].

 

14.        Masque gban. Guro, Côte d'Ivoire. Inscrit en 1994, n° inv. EO 1994.37.1, H. 27 cm.(107 cm. avec élément du costume), l. 16 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Alain Speltdoorn.

Gban est un babouin libidineux et masturbateur. Il amuse la foule des spectateurs tout en délivrant des messages implicites sur les comportements sexuels tolérés, éventuellement même valorisés[21].

 

15.        Masque mboli. Guro, Côte d'Ivoire. Inscrit en 1996, n° inv. EO 1996.36.1, H. 120 cm., l. 55 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Alain Speltdoorn.

Grand chasseur de sorciers, Mboli engendre la crainte et le respect. Comme beaucoup d'autres masques guro, il est porté par un danseur talentueux qui le dynamise au moment des performances publiques.

 

16.        Masque gyela lu zauli. Guro, Côte d'Ivoire. Inscrit en 1999, n° inv. EO 1999.18.73, H. 63 cm.(118 cm. avec élément du costume) l. 19 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Alain Speltdoorn.

Gyela lu Zauli fait partie des masques de divertissement dont les femmes constituent le public attitré. Cependant, seuls les hommes ont le droit de le manipuler et les femmes ne peuvent le voir que s'il est porté.

 

17.        Masque kpelie. Senufo, Côte d'Ivoire. Inscrit en 1974, n° inv. EO 1974.61.3, H. 34 cm., l. 16 cm © Musée royal de l'Afrique centrale.

Dépendant du Poro, la société secrète des hommes, le masque kpelie intervient souvent comme psychopompe au moment des funérailles[22].

 

18.        Masque dan, Côte d'Ivoire. Inscrit en 1978, n° inv. EO 1976.38.42, H. é3 cm., l. 16 cm © Musée royal de l'Afrique centrale, photographie Roger Asselberghs.

Les masques dan ont la particularité de changer de fonction au cours de leur vie. La morphologie de celui-ci (grands yeux circulaires) indique qu'il pourrait avoir surveillé les foyers domestiques. Dans ce cas, il était porté par un excellent coureur qui devait se précipiter pour prévenir les villageois travaillant aux champs à la moindre alerte d'incendie.

 

19.        Masque banda. Baga, Guinée. Inscrit en 1992, n° inv. EO 1993.10.2, H. 123 cm., l. 33 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale.

Autrefois associé à un esprit puissant, le masque banda, n'intervient plus que dans le cadre de divertissements.

 

20.        Masque kanaga. Dogon, Mali. Inscrit en 1979, n° inv. EO 1979.1.500, H. 104 cm., l. 55 cm. © Musée royal de l'Afrique centrale.

Au cours des funérailles (dama), Kanaga danse avec un grand nombre de masques différents. Il est réputé pour ses prestations impressionnantes au cours desquelles il exécute des sauts tout en frôlant le sol avec la structure sommitale qu'il fait tournoyer..

 

 

 

 

Bibliographie

 

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[1] Ici en l'occurrence, à celle de la section d'Ethnographie du Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren, en Belgique.

[2] Ou qui n'y appartient plus quand il s'agit d'ancêtres.

[3] Il est d'ailleurs rare que les langues africaines rendent compte d'un terme spécifique pour le mot masque. Ce dernier porte un nom propre et c'est l'ensemble dynamique, constitué par l'esprit, le porteur, le masque et son costume, qui répond à ce nom.

[4] Voir à ce sujet Lamp 2004.

[5] Bouttiaux 2000.

[6] Bouttiaux 1998, 1999.

[7] En Sierra Leone et au Liberia, chez les Mende,il existe des masques-heaumes de bois réservés aux femmes ; ils constituent assurément l'exception qui confirme la règle l

[8] Cette contemplation décontextualisée est parfois même valorisée. Voir les travaux de Sally Price (1989, 100) qui rend compte de la perversion dont les arts dits « primitifs » ont fait les frais ; du paradoxe qui tout en les installant au rang de chefs-d'¦uvre commercialisables sur les marchés occidentaux a délibérément ignoré leurs concepteurs.

[9] Muninda Habi Buganza 1995, 283-284.

[10] Devisch 1995, 306-307.

[11] Strother 1995, 313.

[12] Strother 1995, 315.

[13] Ceyssens 1995, 328-329.

[14] Ibid.329.

[15] Burssens 1995, 338 ; Hahner-Herzog 1997, 200.

[16] Biebuyck 1995, 376-377.

[17] Ibid.

[18] Burssens 1995, 389.

[19] Hahner-Herzog 1997, 156.

[20] Bouttiaux 2004.

[21] Bouttiaux 2000.