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« La demeure mystérieuse ».
Fortuné Bationo
Malgré son air
encombré, la demeure de Joe Ouakam respire l'abandon et
le désoeuvrement complet. Partout, des objets, encore
des objets. Ils sont omniprésents, détachés
de leur sens, pour atterrir dans des ambiances insolites où
pantalon usé et toile font bon ménage. Un joyeux
désordre coula dans tous les sens, fait le tour de l'arbre
planté dans la cour, déstabilise le regard.
On se perd dans le mystère qui rôde, qui éclate
tous les repères.
Dans l'arbre, des toiles ont échoué sur des branches,
exposition dédiée sans doute au feuillage. Sur
ce trop plein de symboles, le maître à penser de
tout cet univers est particulièrement avare en explications.
Le sage et poète Joe Ouakam adore s'éclipser. Etre
excentrique, il fuit les conventions, « il ne s'attache
à rien, mais rien n'est plus attachant que sa fuite »
pour paraphraser André Gide.
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