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« Un billet court et une
pensée longue »
A présent, nos
sommes immergés dans le déroulement de la manifestation.
Voir encore voir, chercher des oeuvres, des artistes comme ans
un jeu de piste. Dakar, un jour férié. La circulation
facile, fluide comme mes pensées. Je me laisse porter
entre les dessins graciles de Figueira et ce fébrile de
Jems Kokobi. Suivre la ligne dans un exercice de reconstruction
mentale, faite d'images fugitives, de fragments de vision où
se mêlent des bruits, des paroles. La ville est devenue
un dispositif où l'imaginaire l'emporte sur la réalité.
Au sein de ce rhisome un poète sorcier Johakam ritualise
le monde de l'art. Drôle d'expérience !
Comme dans un jeu, à force de la pratiquer on se familiarise
avec les possibles. Demain, il sera temps de conclure et de désigner
les lauréats.
Pierre Jaccaud
Je laisse à l'explorateur le
soin de découvrir
la nouvelle tendance africaine. L'artiste émergent. Cette
perle rare du Off, avant qu'il ou elle n'intègre le réseau
et ne prenne de la valeur sur le marché.
La visite du Off est une affaire. Un safari d'images, une quête
de sensations, qui trop souvent se solde par une déception.
Ne reste qu'à jouer la carte de la subjectivité.
Pour moi, l'exercice consistera en une lecture du visuel; en
une immersion dans l'image officiellement offerte.
Avec le regret de ne pas avoir trouvé, pour l'heure, une
« contre-narrative ». Celle de l'artiste ou de l'oeuvre,
hors de la tribune institutionnelle, qui donnerait sens à
une avant-garde dite africaine.
C. Eyene
13 mai 2008
« L'imagination au pouvoir »
je ne viendrai jamais
à Dakar sans passer dans la cour d'Isa Samb ! Cour
magique aux accents ancestraux revus et corrigés par une
scénographie à la fois hors du temps et pourtant
pétrie dans l'actualité des aléas quotidiens.
A peine entré, l'accueil est balisé entre un acacias
acerbe de toutes ses dents et ce tableau d'écolier aux
quelques traits à la craie blanche : « Morale
-première leçon : « Il est interdit
d'interdire » ». je me revois alors étudiant
rebelle aux leçons magistrales, émoustillé
par les slogans d'un mai 68 qui nous offrait enfin une politique
à dimension humaine. Les temps ont passé, le poil
blanchi et la mine plissée, je n'ai rien perdu de ces
enthousiasmes débutants, eussent-ils été
étouffés dans l'oeuf. Sarko n'a rien compris !
Toujours est-il que la cour d'Isa et son maître de céans
me sont devenus havre obligatoire en des temps où l'interdit
et le mépris, les potentats, l'emportent avec arrogance.
Un des slogans d'une époque certes révolue était
aussi « L'imagination au pouvoir ». Et
celle-là je l'ai compris, dénichée dans
l'une des rares expos du Dak'art 08 à sauver, du naufrage
collectif. Signée « Bottle boys »,
l'invitation était simplissime et d'autant plus créative,
inspirée, confondante.
Entre art et design, artisanat et récup' intelligente.
Une création de luminaires au départ de trois fois
rien (ce qui est déjà quelque chose !) :
des bouteilles de plastoches évidées d'un contenu
qui aurait préalablement et utilement rafraîchi
les esprits. Et la lumière fut ! S'en être
venu au Dak'art de la honte n'aura pas été vain !
Heureuses retrouvailles aussi. J'avais perdu de vue, tout en
regrettant, la forte stature énergique, chaleureuse et
musicale, de Tchalé Figueira, peintre et tambourinaire
du Cap Vert. Il m'avait plut en 19096 et 1998, avec ses toiles
colorées, bien campées, allusives et symboliques.
Or, surprise, revoici le géant des îles aux cimaises
de l'ancien Fougerolles. Toiles et dessins. Reflets d'un imaginaire
sans limites, libre de toute convention, expression d'une mythologie
personnelle empreinte de mystères, d'évidences
voilées, de fantasmes cosmiques, de sagesse rythmée.
Retrouver Figueira m'a ravivé un moral éconduit.
Grâce à lui et à quelques autres, mon Dak'art
08 n'aura pas sombré corps et âme.
Saisie au vol une chance que je savoure. Faute de découvertes,
pourquoi ne pas se contenter aussi d'heureuses retrouvailles !
Roger-Pierre Turine
« Le dur désir de
durer »
sans offrir une palette
exhaustive de la création africaine, la Biennale de l'art
africain contemporain a eu le mérite de poursuivre son
chemin. Même en titubant. Les grands balbutiements sont
inhérents à toute entreprise qui guette un grand
destin. Cette fête des arts visuels s'inscrit dans cette
volonté de vouloir hisser le continent au-dessus de lui-même
en le mariant avec son bouillonnement imaginatif. Point de départ
d'une renaissance, défis de rupture tous azimuts. Voir
toutes les propositions africaines, à partir de l'Afrique,
leur donnent une âme encore plus éclatante de vie.
D'où le nécessaire maintien en vie de la Dak'art.
qui doit forcément redresser la barre, être apte
à varier autant que possible les espaces contemplatifs,
par une sélection vraiment digne de ce nom. Les oeuvres
présentées doivent refléter tout ce qui
se fait de bien sur le continent.
Cela passe par toute une stratégie consistant à
transformer sans cesse le rêve en réalité.
Fortuné Bationo
Goree Institute 12/05/08
The misrepresentation of the
forgotten Southern African Countries should be addressed for
South Africa' dominance is now quationable. It looks as if there
is nothing happening in other parts of Southern Africa in term
of African Contemporary Art. Countries like Botswana, Democratic
Republic of Congo, Mozambique, Kenya, Tanzania Zambia and Zimbabwe
have become the forgotten countries at the Dakar Biennale. The
quation here is, is it because of the problems in that part of
Africa? Artists in Southern Africa remain silenced and the dominance
of South Africa is of great concern in the region.
Looking at this year's Dakar
Biennale theme, "Mirror" , the quation here is does
it Mirror the past problems and difficulties it has been facing
all these years? One cannot deny the criticism the Biennale has
faced since its inception but there there is need to revisit
the past criticism and move forward. There is no need to ignore
all the problems facing the Biennale in terms of Funding. The
organisers should understand that, one can only grow through
criticism. Arguable being the only Biennale surviving in Africa,
Dakar's beuty and friendliness is an advantage to Senegal and
there is need to built on it. The death of the 2nd Johannesburg
Biennale has places the Dakar Biennale in a better position.
Raphaël Chikukwa
Moulim EL Aroussi
Mardi 13 Mai 2008-05-13
Le groupe semble encore
indécis sur les artistes à proposer ; une
discussion matinale a abouti au fait qu'il faudrait encore explorer
les lieux d'expositions. Accumuler les échantillons et
espérer une surprise heureuse.
A Dakar on s'est scindé en deux groupes pour essayer de
vaincre la difficulté. Première exposition première
rencontre positive. L'exposition est bien arrangée, le
lieu n'est pas convenable mais tous les moyens ont été
mis en oeuvre pour la réussite de l'exposition. Les travaux
sont corrects, on sent la maîtrise des moyens et de l'expression.
Il y a suffisamment d'oeuvres pour pouvoir juger le travail de
chaque artiste ; Je sors avec au moins deux artistes à
proposer aux délibérations.
Deuxième station : La grotte d'un monsieur très
connu à Dakar. Un lieu de réclusion volontaire.
Un fou que la Cité tolère en son sein et qui, me
semble-t-il, organise bien sa folie pour mieux la théâtraliser.
Son « foutoir » ressemble au dépotoir
de l'Inconscient humain où rien n'est soumis à
la logique du sens. Un vrac symptomatique d'un moment de l'histoire
de l'humanité ; la notre. L'homme, me dit-on, est
sage et manie, avec dextérité, le Verbe. Je ne
l'ai pas rencontré, mais chez lui j'ai eu l'impression
d'être en présence de l'esprit d'un chef de société
secrète. Jusqu'où ira l'art contemporain en Afrique ?
A la galerie Arte nous avons rencontré Viyé Diba,
profondément plongé dans sa problématique
de base en ne se lassant jamais de l'approfondir.
Dans une villa à l'autre extrémité de la
ville nous avons eu l'occasion de voir un ensemble d'oeuvres
mais seul un photographe se détache du lot.
Pour tout dire les rencontres d'aujourd'hui ont été
positives.
« Ce matin »
« Choisir
quand délicieusement écartelé »,
en ce début de 21 éme siècle entre des tendances
et des courants artistiques contemporains, mondiaaux et africains
en crise de support et d'identité.
Choisir entre des discours d'artistes dont les uns font de plus
en plus appel à la production industrielle, technique
et technologique, alors que les autres intègrent les images
et les matériaux de la culture populaire.
Choisir, quand nous ne sentons plus le geste, l'astuce graphique
à cause d'une distance qui se sera érigée
entre l'auteur et l'oeuvre parce que pour lui l'idée
aura primé sur la réalisation de l'oeuvre.
Choisir quand, malgré tout, d'autres tentent encore de
renouer avec le geste à travers le dessin premier langage
universel et moins sophistiqué que la peinture et la vidéo.
Choisir parmi des oeuvres marquées chacune par un contexte
social, politique, économique, environnemental et culturel
mais partageant une même contemporanéité
et réunies dans le même espace historique.
Choisir dans une ambiance de biennale marquée par de légitimes
contestations.
Choisir pourtant parce que nous sommes investis d'une mission.
Choisir aussi parce que nous croyons au renouvellement d'une
énergie créatrice porteur de nouveaux valeurs et
vecteurs esthétiques.
Ndeye Rokhaya Gueye
Dakar le 13 Mai 2008
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