Journal de bord
Atelier Critique, île de Gorée, Mai 2008

Au jour le jour (3)

 

Lundi 12 mai

Après notre journée passée sur l'île, loin du tumulte de Dakar, l'équipe commence cette journée comme revigorée.
L'énergie des critiques s'étant beaucoup focalisée sur les problèmes et moins dans les choses positives de cette Biennale, aujourd'hui, la discussion s'oriente exclusivement sur les artistes exposant et plus précisément sur les choix futurs des critiques.
Quels sont les artistes qui se démarquent déjà ? Il faut savoir que les critiques aimeraient primer un jeune artiste inconnu. Hélas, les seuls se démarquant réellement sont reconnus, certains parfois sont déjà venus à la Fondation. Or l'intérêt est aussi de pouvoir donner sa chance à chacun.
Les critiques n'ont hélas pas visité tous les sites de la Biennale, et ne pourront certainement pas le faire. Mais comment être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose d'important?
Les avis divergent entre les critiques : Virginie, Christine aimeraient voir le plus d'artistes possible avant de pouvoir en discuter. Roger-Pierre serait plutôt de l'avis contraire ; c'est-à-dire cibler les lieux d'expo.
Un consensus est alors trouvé : certes il faut chercher encore « la perle rare », mais par manque de temps et d'énergie, il va falloir ruser. Le village de la Biennale étant le lieu de rencontres et de passage des rumeurs, il faudrait passer plus de temps là bas.
Mais le manque de temps ne doit pas amener à la précipitation ; il faut prendre du temps pour évaluer chaque artistes et son oeuvre.
C'est ainsi que depuis hier, l'équipe s'est divisée en petits groupes pendant la journée.

Midi : nous mangeons au Centre Culturel Français, en compagnie de l'équipe de journalistes de Canal + et l'artiste Ndary Lo, que nous retrouvons ici par hasard. Comme à chaque fois que nous entrons dans une cour intérieure, nous sommes coupés du bruit de la ville. Il fait frais, le moment est très agréable.
C'est serrés à 5 dans un taxi, que nous continuons les visites cet après-midi, direction le siège social d'Eiffage Sénégal. Rokhaya, Christine et Virginie y sont allées la veille pour le vernissage et ont eu une bonne impression. Après s'être perdus sur la route et un détour de quelques kilomètres, nous arrivons. Et effectivement, sur place, Pierre et Roger-Pierre semblent très satisfaits. Les oeuvres leur plaisent. Une série de dessins de l'artiste Tchalé Figueira est particulièrement intéressante.
Puis c'est le retour à l'Ifan, que le monde du premier jour a complètement déserté. Nous retrouvons une fois encore l'équipe TV. Quelques artistes sont présents, c'est l'occasion de discuter à l'ombre. Il fait très chaud aujourd'hui et avec la quête d'artistes, va celle de l'ombre et de la fraîcheur.
La journée se conclura par un vernissage chez Aïssa Dione, une styliste sénégalaise. Après un passage dans différents pays : le Bénin, le Mali notamment, l'expo fait escale à Dakar. Nous retrouvons de nombreux artistes, la plupart connus de la Fondation : Freddy Tsimba, Sokey Edorh, Camara Gueye, Jems Kokobi, etc. Est présent aussi ce soir-là, Chab Touré, seul galeriste exposant des photo en Afrique de l'Ouest.
Retour sur Gorée en fin de soirée. Fatigués mais heureux des quelques découvertes et rencontres du jour. Les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas...

Caroline Janin