Journal de bord
Atelier Critique, île de Gorée, Mai 2008

Au jour le jour (2)

 

Dimanche 11 mai.

L'équipe commence la journée par la séance d'écriture habituelle, puis vient le tour de la discussion, sorte de bilan de mi-parcours. Ambiance studieuse.
Les critiques reviennent sur la journée de la veille, fatigante, harassanteIls sont à la recherche de nouveauté, mais ne semblent pas la trouver pour le moment.
Pourtant, j'ai l'impression que la désillusion des premiers jours s'estompe et un esprit positif envahit tout le monde.
Les commentaires vont bon train autour de la table. Certains artistes semblent déjà se démarquer. Il ne reste que deux jours au jury pour nommer les artistes primés et encore de nombreux sites du « Off » à visiter !
Une équipe TV de la chaîne Canal + Horizons nous rejoint dans la matinée. Les journalistes font un reportage sur la Biennale et le groupe de critiques de la Fondation en feront partie. Nous passerons presque la journée tous ensemble.
Fin de la discussion, nous restons sur l'île aujourd'hui. Il y a quelques sites du « Off » à visiter et c'est l'occasion de découvrir Gorée plus en profondeur.
Nous partons donc dans le village, entourés de touristes arrivés en foule par la chaloupe du matin. La présence d'une caméra attise les curiosités. Nous ne passerons pas inaperçu aujourd'hui !
Première maison, première expo : nous retrouvons Seydou Dicko, qui expose dans plusieurs sites de la Biennale ses photos d'ombres. Soly Cissé expose une installation dans la maison attenante. Le thème de l'expo (l'esclavage) et la pièce où elle se trouve (un ancien cachot), remplissent l'endroit d'une émotion forte.
Parallèlement à la Biennale, un autre événement a vu le jour. Le festival « Regards sur cour » a investi les maisons et jardins de l'île. C'est ainsi que nous prenons la direction de l'atelier de Moustapha Dimé, artiste dont les oeuvres seront exposées en juin prochain à la Fondation.
Le chemin est long et caillouteux. Nous longeons la mer, au-dessus d'une falaise. Nous sommes seuls, il fait chaud, l'aridité, les cactus et les rapaces rendent l'atmosphère hostile au visiteur.
Enfin nous arrivons ! L'atelier de Dimé est perché sur un rocher, au bout de l'île, c'est un ancien fort de surveillance. Il est rempli de monde !!
Tous venus comme en pèlerinage ; l'atelier semble encore habité par le maître, décédé il y a 10 ans, maintenant. Mais c'est désormais son élève Gabriel Kemzo Masou et son épouse qui vivent dans cet endroit reculé.
Chacun s'imprègne de l'endroit à sa manière ; Pierre pense à la prochaine scénographie, Roger-Pierre est en interview au bord de la falaise, et j'ouvre grand mes yeux, profitant de l'endroit (assez magique malgré la pauvreté du paysage) que j'ai tellement vu sur papier photo.
Il faut rentrer. Une table ouverte s'est improvisée ces derniers jours. Le rendez-vous est donné à 16h, aux critiques, artistes et qui souhaite intervenir.
Le débat commence sur les chapeaux de roue, les questions fusent, chacun défend sa position. Tout se terminera bien.
La fin de journée arrive, la horde de touristes repart dans l'autre sens. C'est l'embouteillage à l'embarcadère de la chaloupe
Enfin seuls Nous profitons du retour au calme. La soirée s'annonce bien: une grande fête ce prépare ce soir sur Gorée.

Caroline Janin