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Dimanche 11 mai.
L'équipe commence la
journée par la séance d'écriture habituelle,
puis vient le tour de la discussion, sorte de bilan de mi-parcours.
Ambiance studieuse.
Les critiques reviennent sur la journée de la veille,
fatigante, harassanteIls sont à la recherche de nouveauté,
mais ne semblent pas la trouver pour le moment.
Pourtant, j'ai l'impression que la désillusion des premiers
jours s'estompe et un esprit positif envahit tout le monde.
Les commentaires vont bon train autour de la table. Certains
artistes semblent déjà se démarquer. Il
ne reste que deux jours au jury pour nommer les artistes primés
et encore de nombreux sites du « Off » à visiter
!
Une équipe TV de la chaîne Canal + Horizons nous
rejoint dans la matinée. Les journalistes font un reportage
sur la Biennale et le groupe de critiques de la Fondation en
feront partie. Nous passerons presque la journée tous
ensemble.
Fin de la discussion, nous restons sur l'île aujourd'hui.
Il y a quelques sites du « Off » à visiter
et c'est l'occasion de découvrir Gorée plus en
profondeur.
Nous partons donc dans le village, entourés de touristes
arrivés en foule par la chaloupe du matin. La présence
d'une caméra attise les curiosités. Nous ne passerons
pas inaperçu aujourd'hui !
Première maison, première expo : nous retrouvons
Seydou Dicko, qui expose dans plusieurs sites de la Biennale
ses photos d'ombres. Soly Cissé expose une installation
dans la maison attenante. Le thème de l'expo (l'esclavage)
et la pièce où elle se trouve (un ancien cachot),
remplissent l'endroit d'une émotion forte.
Parallèlement à la Biennale, un autre événement
a vu le jour. Le festival « Regards sur cour » a
investi les maisons et jardins de l'île. C'est ainsi que
nous prenons la direction de l'atelier de Moustapha Dimé,
artiste dont les oeuvres seront exposées en juin prochain
à la Fondation.
Le chemin est long et caillouteux. Nous longeons la mer, au-dessus
d'une falaise. Nous sommes seuls, il fait chaud, l'aridité,
les cactus et les rapaces rendent l'atmosphère hostile
au visiteur.
Enfin nous arrivons ! L'atelier de Dimé est perché
sur un rocher, au bout de l'île, c'est un ancien fort de
surveillance. Il est rempli de monde !!
Tous venus comme en pèlerinage ; l'atelier semble encore
habité par le maître, décédé
il y a 10 ans, maintenant. Mais c'est désormais son élève
Gabriel Kemzo Masou et son épouse qui vivent dans cet
endroit reculé.
Chacun s'imprègne de l'endroit à sa manière
; Pierre pense à la prochaine scénographie, Roger-Pierre
est en interview au bord de la falaise, et j'ouvre grand mes
yeux, profitant de l'endroit (assez magique malgré la
pauvreté du paysage) que j'ai tellement vu sur papier
photo.
Il faut rentrer. Une table ouverte s'est improvisée ces
derniers jours. Le rendez-vous est donné à 16h,
aux critiques, artistes et qui souhaite intervenir.
Le débat commence sur les chapeaux de roue, les questions
fusent, chacun défend sa position. Tout se terminera bien.
La fin de journée arrive, la horde de touristes repart
dans l'autre sens. C'est l'embouteillage à l'embarcadère
de la chaloupe
Enfin seuls Nous profitons du retour au calme. La soirée
s'annonce bien: une grande fête ce prépare ce soir
sur Gorée.
Caroline Janin
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