Journal de bord
Ateliers de Vidéos de Joucas, Juin 2007

Présentation publique des artistes

par Nora Jaccaud & Philippine Geley

 

Goddy Leye :
Introduction :
-Issu d'une formation littéraire et universitaire, Goddy Leye cherche à travers son art un certain engagement social.
-Il habite actuellement à la périphérie de Douala au Cameroun dans le quartier de Bonendale où vivent également d'autres artistes. Il aspire à ce qu'un jour cet endroit devienne un lieu de rencontre d'art international.

Les oeuvres présentées :
-The owner : Lui fut inspirée par le conflit israëlo-palestinien et le cycle de violence que cette situation engendre.
-The gispot protagonist :Au cours d'une visite à cathédrale de Cologne, alors qu'il observait un homme à fouiller dans une poubelle il eut à se soumettre à un contrôle d'identité. L'opération finie l'homme était parti, et l'artiste en ressentit une forme de frustration. Cette aventure l'a conduit à s'interroger sur les relations entre le monde occidental et l'Afrique, la notion de départ, la différence, et le brassage culturel. Cette oeuvre vidéo est accompagnée d'une lecture d'un même texte par cinq personnes de différentes nationalités, l'artiste y fait alors jouer les accents variés.
-Voices on the Moon :L'artiste remet ici en question de façon humoristique le premier geste de L. Amstrong lorsqu'il arriva sur la lune, celui d'y poser le drapeau américain. L'installation vidéo met en scène cinq projections où s'opère un changement progressif dans l'image.
-Dancing with the moon :Installation présentée notamment à l'exposition Africa Remix. Processus de réflexion sur miroirs, qui renvoient l'image par fragment dans la salle.
-Honey moon : oeuvre vidéo qui met en scène à travers un jeux de voiles, de transparences et de surimpressions à la réunion d'un homme et d'une femme.
-The walking Mirror : Vidéo urbaine où marche à travers la rue, un homme qui tient contre lui un miroir qui reflète ce qu'il a devant lui.
-We are the world :Inspirée par la famine qui à sévit en Ethiopie, elle fut montée dans le quartier commercial de Douala.

« Tout ce qui est politique m'intéresse en particulier », il s'agit pour moi de « transformer le politique en artistique »

m lafille :
Introduction :
-Née à Marseille, m lafille se définit comme « tisserand d'images ». Elle aspire à ce que ses vidéos soient des média avec lesquels « on a envie de vivre ». Ainsi l'artiste les met en situation dans des lieux publics.

L'oeuvre présentée:
-Son travail est pour m lafille un assemblage d'images qui forment «une tapisserie numérique». Le principe est donc de capter des images pour ensuite les projeter sur des supports différents, faisant ainsi jouer texture et matières variées.
-Les points fondamentaux de son travail se concentrent sur les éléments que sont la TEXTURE/LA COULEUR/LES IMAGES.

-Il s'agit donc d'habiller un lieu en images, en créant des ambiances non pas mises en scène mais empruntées à la vie quotidienne. Pour faire mieux vivre ses motifs, elle alterne les rythmes privilégiant toutefois la lenteur, ce qui place « le projecteur comme une lumière ». Ce travail en temps réel fait plus appel à une dimension décorative que sociologique. Il cherche à amener le spectateur à s'interroger sur la place de la vidéo dans l'espace.

Pour l'artiste, c'est à chacun de saisir un « fragment de l'histoire ».

Sammy Baloji :
Introduction :
-Artiste photographe et vidéaste, né à Lubumbashi en République démocratique du Congo. Il cherche à ce que ses oeuvres soient porteuses d'une autre dimension et d'un nouveaux regard sur son pays, tout en amenant le spectateur à s'interroger sur les questions posées.

Les oeuvres présentées :
Mémoires : Travail photographique en deux volets. Il s'agit de confronter deux périodes du pays, la colonisation et celle d'après l'indépendance. « Pourquoi maintenant cela ne marche plus ?» s'interroge l'artiste.
-Sa province connue pour sa principale activité minière. A partir de photos d'archives scannées représentant des hommes déportés pour venir travailler dans les mines, il associe des vues de la zone industrielle actuelle. « La productivité peut-elle avancer ? »
-Mémoires : vidéo, qui associe des vues de la zone industrielle discours d'homme politiques, à une forme d'interlude dansé.
-Vidéo de la ville de Maputo : Ville marquée par les deux périodes, d'avant et d'après colonisation. Images qui sont ponctuées ici encore par la danse.

-Cette importance de la danse dans son travail, Sammy Baloji la considère comme « le corps qui vit». Elle permet la création d'un rythme. Son oeuvre dresse un constat sur la société, un pays ; qui sans être pessimiste doit conduire le spectateur à une réflexion forte.

« Dans tous mes travaux, l'élément essentiel est le corps »

Angèle Diabang Brenner :
Introduction :
- Réalisatrice et monteuse, il s'agit donc pour cette artiste d'une occasion pour créer une passerelle entre le cinéma et l'art contemporain.
- Formée à Dakar c'est tout d'abord par le montage qu'elle s'approche du septième art, avant de réaliser son premier film, Mon beau sourire.

Les oeuvres présentées :
- Clip :Monter par Angèle lors de son travail dans une société de production et de montage spécialisé dans la publicité et le clip.
- Mon beau sourire :1er film réalisé en 2005, retrace d'une coutume ancienne, par un montage moderne concernant le son et l'image. Cette pratique, consiste à tatouer les gencives des femmes suivant un rituel bien précis. Le contraste entre tradition et modernité est un des éléments fondamentaux de l'oeuvre de l'artiste.
- Sénégalaises et Islam :Film sociologique, Sénégalaises et Islam, offre un constat sur la pratique de la religion musulmane par des femmes de Dakar. La cinéaste, retranscrit alors les différentes positions, des plus extrêmes au plus modérées, de ces personnages face à leur religion. Tour à tour ces femmes oscillent entre vie moderne et héritages des traditions. La visée de l'artiste est de montrer « l'Islam tel qu'il est », en tachant d'être le plus neutre possible. C'est en quelque sorte un Sénégal qui change qui nous apparaît.

 

« J'ai juste envie de montrer ce que l'Afrique a de meilleur »